Pourquoi Montebourg et Royal ne peuvent pas soutenir Aubry

« Arbitre », « faiseur de roi », « clé de l’élection »… Si l’on en croit la plupart des commentaires, c’est Arnaud Montebourg, fort de ses 17%, qui va désigner le prochain candidat socialiste à la présidentielle. Ah bon ?

Depuis deux jours, le flamboyant Arnaud Montebourg est au centre de toutes les attentions. Dimanche soir, très classe, il fête sa troisième place en buvant quelques gorgées de mojito avec sa compagne glamour dans un lieu branché de la capitale. Lundi soir, inflexible, il pose ses conditions au journal de 20 heures de France 2. Mardi matin, toujours en campagne, il critique sévèrement, dans une interview à Libération, les deux candidats qui l’ont devancé – dont l’un(e) sera dimanche soir le(la) candidat(e) socialiste. Les médias n’ont d’yeux que pour lui, on le suit pas à pas, on le courtise, on le flatte…

Et voici qu’il somme les « deux impétrants » de « donner des réponses écrites et précises » à la missive qu’il a bien voulu leur adresser. Oyez bonnes gens, qu’on se le dise, le champion de la démondialisation ramassera les copies d’ici le débat de mercredi soir et annoncera sa décision le lendemain. Une sentence qui devrait, selon de nombreux observateurs, peser lourd sur le résultat de l’élection. Roulements de tambour.

Mais le choix tant attendu d’Arnaud Montebourg est-il vraiment aussi important que le suggère cette mise en scène médiatique autour du « troisième homme », « vraie surprise » et « véritable révélation » du premier tour ? Et le suspense savamment entretenu sur son choix n’est-il pas un peu artificiel ? Lire la suite

Le vent porteur des primaires

Objet politique non identifié, les primaires « ouvertes » ont l’air de fonctionner. Loin de virer au pugilat ou à la bataille d’égos, la Starac du PS accouche d’un vrai débat d’idées et marginalise pour l’instant l’UMP, dont le candidat unique n’est pas officiellement en campagne.

En ouvrant la désignation du candidat PS à tous les électeurs de gauche, voire à tous les Français, les initiateurs des primaires n’étaient pas seulement guidés par le souci du progrès démocratique. Empruntant aussi à l’art de la guerre, ils ont voulu bâtir une rampe de lancement efficace vers la présidentielle, en donnant à l’heureux(se) élu(e) la dynamique la plus forte possible pour affronter la mère de toutes les batailles.

Le pari n’était pas sans risque. Selon ses détracteurs, cette mécanique infernale risquait d’attiser les divisions. Certains imaginaient déjà un combat de rue, dont le vainqueur sortirait éreinté et seul, aux commandes de la traditionnelle « machine à perdre ».

A l’issue du deuxième débat, une nouvelle fois très suivi et très commenté, il semble que les sceptiques se soient trompés. Lire la suite