Goodbye Jean-Louis !

C’est un petit coup de théâtre. Apparemment même ses proches n’avaient pas été prévenus de son annonce, hier soir sur TF1. Jean-Louis Borloo renonce à se présenter à l’élection présidentielle. Mais est-ce vraiment une surprise ?

Au-delà de la très injuste caricature des Guignols en inspecteur Columbo mal fagoté et toujours prêt pour l’apéro, il faut quand même reconnaître que si l’homme est plutôt sympathique, Jean-Louis Borloo n’est pas toujours très limpide dans ses explications. Il n’a donc pas souhaité « ajouter de la confusion à la confusion ».

Il faut dire que dès le départ, cette idée de candidature n’était pas très claire. Née de la frustration de n’avoir pas été nommé premier ministre, il y a un an, plus que d’un vrai désaccord politique, elle manquait nécessairement de consistance et de crédibilité. Elle ne suscitait d’ailleurs pas jusqu’ici d’attente particulière de la part des Français puisque malgré sa popularité, Borloo stagnait autour de 7% d’intentions de vote. Lire la suite

Le vent porteur des primaires

Objet politique non identifié, les primaires « ouvertes » ont l’air de fonctionner. Loin de virer au pugilat ou à la bataille d’égos, la Starac du PS accouche d’un vrai débat d’idées et marginalise pour l’instant l’UMP, dont le candidat unique n’est pas officiellement en campagne.

En ouvrant la désignation du candidat PS à tous les électeurs de gauche, voire à tous les Français, les initiateurs des primaires n’étaient pas seulement guidés par le souci du progrès démocratique. Empruntant aussi à l’art de la guerre, ils ont voulu bâtir une rampe de lancement efficace vers la présidentielle, en donnant à l’heureux(se) élu(e) la dynamique la plus forte possible pour affronter la mère de toutes les batailles.

Le pari n’était pas sans risque. Selon ses détracteurs, cette mécanique infernale risquait d’attiser les divisions. Certains imaginaient déjà un combat de rue, dont le vainqueur sortirait éreinté et seul, aux commandes de la traditionnelle « machine à perdre ».

A l’issue du deuxième débat, une nouvelle fois très suivi et très commenté, il semble que les sceptiques se soient trompés. Lire la suite

Robert de Niro’s smiling

« You’re talking to me, Claire ? You’re talking to me ? ». Vraiment très fort. Face à Claire Chazal, DSK nous a fait dimanche soir un grand numéro, où il était impossible de ne pas reconnaître le style si caractéristique de Robert de Niro.

Tout en gravité et en tension intérieure au début, avant de distiller un cocktail très sophistiqué de silences, de plissements d’yeux, de mouvements de menton, de pincements de lèvres, de voix furtivement étranglée, de sourires illuminés ou énigmatiques… Du grand art. Et l’on réalise que l’on regrette vraiment, au moins pour le spectacle, le match qui n’aura pas lieu entre les deux plus grands acteurs actuels de la politique française. Lire la suite