Astérix contre Babar ou la fable du grand amiral et du capitaine de pédalo

Filant la métaphore marine, le story telling quinquennal de l’UMP nous présente cette fois-ci l’élection présidentielle comme un combat déséquilibré entre un virtuose de la navigation et un marin d’eau douce. Plus c’est gros, plus ça passe ?

A ma droite, le grand amiral qui tient courageusement la barre du grand bateau France en ces temps de tempête économique. A ma gauche, un « capitaine de pédalo », qui n’a jamais piloté le moindre navire.

A ma droite, Astérix, le Gaulois emblématique, courageux, malin et déterminé. A ma gauche, Babar, le roi des éléphants, le gentil marchand de rêves, qui raconte des histoires aux enfants pour les endormir.

A ma droite, l’un des grands de ce monde, qui claque la bise à Merkel, tape sur l’épaule d’Obama, dit « ta gueule » à Cameron. A ma gauche, le président du conseil général de Corrèze, qui a le numéro de portable du trésorier de l’amicale des boulistes de Tulle.

A ma droite, « le président ». A ma gauche, celui qui n’a pas la carrure pour l’être.

Le décor est planté, il a le mérite d’être simple, il faudra désormais le matraquer sur tous les tons pendant quelques mois pour le faire entrer dans la tête des Français.

Mais qui va croire à cette fable ?

Quel est au juste le CV du « grand amiral » ? Est-il doté a priori, par sa formation, ses connaissances ou ses compétences personnelles, d’une aptitude particulière à comprendre la crise économique et financière dans toute sa complexité et à trouver les bonnes stratégies pour la résoudre ? Bénéficie-t-il de ce profil de « technicien » que les marchés plébiscitent un peu partout en Europe ? A-t-il montré jusqu’ici des qualités de visionnaire, capable d’anticiper les événements ? Lire la suite

Publicités