La métamorphose de François Hollande


François Hollande va donc affronter Nicolas Sarkozy, avec des chances réelles de l’emporter. Mais pour que les Français lui donnent les clés, il devra encore se transcender…

A la fin du deuxième débat du premier tour des primaires, François Hollande traçait ainsi sa feuille de route : « le candidat socialiste devra faire preuve d’une crédibilité sans faille (…) mais aussi de la capacité à lever une espérance, sans laquelle il n’y a pas de victoire à l’élection présidentielle – il ne suffit pas de vouloir chasser celui qui est pouvoir aujourd’hui (…) Confiance, c’est le mot clé pour gagner cette élection ».

François Hollande sait ce qu’il doit faire pour gagner. Mais il ne suffit pas de le savoir, et de le dire, pour que le miracle s’accomplisse. Même si le candidat socialiste a indéniablement progressé en termes de « présidentialité », il lui reste encore un long chemin à parcourir. La métamorphose, déjà entamée, doit se poursuivre au cours des six prochains mois au contact des Français et dans le face-à-face avec Nicolas Sarkozy… Sinon la victoire, à portée de main, pourrait encore une fois échapper à la gauche. Lire la suite

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Pourquoi Montebourg et Royal ne peuvent pas soutenir Aubry

« Arbitre », « faiseur de roi », « clé de l’élection »… Si l’on en croit la plupart des commentaires, c’est Arnaud Montebourg, fort de ses 17%, qui va désigner le prochain candidat socialiste à la présidentielle. Ah bon ?

Depuis deux jours, le flamboyant Arnaud Montebourg est au centre de toutes les attentions. Dimanche soir, très classe, il fête sa troisième place en buvant quelques gorgées de mojito avec sa compagne glamour dans un lieu branché de la capitale. Lundi soir, inflexible, il pose ses conditions au journal de 20 heures de France 2. Mardi matin, toujours en campagne, il critique sévèrement, dans une interview à Libération, les deux candidats qui l’ont devancé – dont l’un(e) sera dimanche soir le(la) candidat(e) socialiste. Les médias n’ont d’yeux que pour lui, on le suit pas à pas, on le courtise, on le flatte…

Et voici qu’il somme les « deux impétrants » de « donner des réponses écrites et précises » à la missive qu’il a bien voulu leur adresser. Oyez bonnes gens, qu’on se le dise, le champion de la démondialisation ramassera les copies d’ici le débat de mercredi soir et annoncera sa décision le lendemain. Une sentence qui devrait, selon de nombreux observateurs, peser lourd sur le résultat de l’élection. Roulements de tambour.

Mais le choix tant attendu d’Arnaud Montebourg est-il vraiment aussi important que le suggère cette mise en scène médiatique autour du « troisième homme », « vraie surprise » et « véritable révélation » du premier tour ? Et le suspense savamment entretenu sur son choix n’est-il pas un peu artificiel ? Lire la suite

Goodbye Jean-Louis !

C’est un petit coup de théâtre. Apparemment même ses proches n’avaient pas été prévenus de son annonce, hier soir sur TF1. Jean-Louis Borloo renonce à se présenter à l’élection présidentielle. Mais est-ce vraiment une surprise ?

Au-delà de la très injuste caricature des Guignols en inspecteur Columbo mal fagoté et toujours prêt pour l’apéro, il faut quand même reconnaître que si l’homme est plutôt sympathique, Jean-Louis Borloo n’est pas toujours très limpide dans ses explications. Il n’a donc pas souhaité « ajouter de la confusion à la confusion ».

Il faut dire que dès le départ, cette idée de candidature n’était pas très claire. Née de la frustration de n’avoir pas été nommé premier ministre, il y a un an, plus que d’un vrai désaccord politique, elle manquait nécessairement de consistance et de crédibilité. Elle ne suscitait d’ailleurs pas jusqu’ici d’attente particulière de la part des Français puisque malgré sa popularité, Borloo stagnait autour de 7% d’intentions de vote. Lire la suite