Et si Sarkozy ne se présentait pas ?

L’hypothèse du retrait du candidat « naturel », « évident », « incontestable », reste osée. Mais le président sortant, qui devait déjà faire face à une impopularité forte et durable, voit maintenant se rapprocher le spectre des affaires… Jusqu’au coup de théâtre ?

Bien sûr, les affaires – voire les condamnations – n’ont jamais empêché une réélection. Sans parler des Balkany, Dugoin et autres Tibéri, Juppé connaît aujourd’hui une seconde jeunesse. L’exemple le plus significatif restant évidemment celui de Chirac qui, tout au long d’une vie politique loin d’être « irréprochable », a toujours réussi à passer entre les gouttes… Et même à être réélu en 2002 avec 82% des voix !

On connaît toute une série d’affaires « abracadabrantesques » qui ont pourtant fait « pschitt ». Et quand le secret-défense est de la partie, comme dans les enquêtes liées aux contrats de vente d’armes, le pschitt est souvent à l’arrivée – remember les frégates de Taiwan. Rien ne dit donc que « l’affaire Karachi » va vraiment faire trembler la République.

Mais aujourd’hui, l’enquête atteint manifestement un tournant, avec la garde à vue et la mise en examen de Nicolas Bazire et de Thierry Gaubert, deux proches de Sarkozy, et la focalisation sur la campagne de Balladur en 1995, dont l’actuel président de la République était le porte-parole, le conseiller le plus influent et l’organisateur le plus zélé.

Elle embête en tout cas assez l’Elysée pour que celui-ci se soit fendu d’un communiqué approximatif en forme de contre-feu, évoquant la « calomnie » et la « manipulation politicienne ». Imaginons que dans les prochaines semaines, Balladur et Hortefeux soient à leur tour convoqués par le juge d’instruction… Bien sûr, Sarkozy lui-même ne pourra être interrogé mais tous les regards convergeront inévitablement vers lui.

Compte tenu de son impopularité, cela pourrait lui porter un coup fatal dans l’opinion… Jusqu’à faire douter ses propres troupes de la possibilité réelle d’une victoire en mai 2012. L’intérêt bien compris de l’UMP – et de Sarkozy lui-même – pourrait alors lui dicter de renoncer. Surtout si quelques sondages le donnaient, d’ici décembre ou janvier, derrière Le Pen et éliminé dès le premier tour… La perspective d’une raclée annoncée aux législatives pourrait alors déstabiliser plus d’un député…

Publicités

2 réflexions au sujet de « Et si Sarkozy ne se présentait pas ? »

  1. Petite actualisation car cela ne s’arrange pas pour Nicolas : il y a eu la perte – plus que symbolique – du Sénat et un nouveau témoignage embarrassant de la comptable dans l’affaire Bettencourt-Woerth (on finissait presque par l’oublier celle-là). Pour l’instant, seul Dupont-Aignant (ex-UMP) a appelé Sarkozy à ne pas se représenter. Mais un sénateur UMP fraîchement réélu, Philippe Marini, ose poser la question d’une candidature alternative, en précisant qu’il traduit là le sentiment de certains de ses collègues. Sentant la panique envahir leurs rangs, l’Elysée, l’UMP – et Le Figaro – sonnent la mobilisation générale autour du président. Jusqu’à présent, les digues tiennent…

  2. Ce soir, Alain Juppé a déclaré qu’il soutiendrait « sans ambiguïté » Nicolas Sarkozy… « s’il est candidat ». Une dernière condition qui pourrait faire jaser…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s